Liquidation d’Air Méditerranée : le pavillon français bientôt expulsé de Roissy terminal 3 de Paris CDG ?

Année après année, les chiffres fournis par la DGAC confirment le retrait du pavillon français sur son propre sol au profit des low cost étrangères. Mais plus parlant que les chiffres, il y a le Terminal 3 de CDG, véritable cimetière des compagnies « loisirs » moyen-courrier françaises, qui n’accueillera bientôt quasiment plus aucune compagnie aérienne française ! Vue extérieure côté pistes du Terminal 3 à Paris-Charles de Gaulle – Photo : Jean-Marc JOUANNEAUX

La liquidation de la compagnie Air Méditerranée cette semaine est venue, s’il en était besoin, rappeler la délicate situation du transport aérien français et particulièrement sur le segment des vols loisirs moyen-courrier.

Année après année, les chiffres fournis par la DGAC confirment le retrait du pavillon français sur son propre sol au profit des low cost étrangères.

Mais plus parlant que les chiffres et les tableaux de la DGAC, il est un endroit où l’on peut observer très concrètement cette triste réalité : j’ai nommé le Terminal 3 de CDG, véritable cimetière des compagnies « loisirs » moyen-courrier françaises.

Ce terminal parisien n’accueillera bientôt quasiment plus aucune compagnie aérienne française !

Les Boeing 737 d’Air Horizons (Euralair) ont disparu depuis longtemps, ceux de XL seront prochainement rendus à leur propriétaire, ceux d’Air Méditerranée sont hélas définitivement cloués au sol.

Roissy, un eldorado pour les low cost étrangères


Plus d’équipages pour accueillir nos compatriotes et leur souhaiter la bienvenue à bord d’un avion immatriculé en France, à l’exception de temps en temps d’ASL Airlines France (filiale française d’un groupe irlandais et ex-Europe Airpost).

Et pourtant, le marché national français, c’est plus de 30 millions de passagers, et ce chiffre est encore en croissance.

Pas étonnant alors que Roissy soit considéré comme un eldorado par les compagnies low cost étrangères qui vont débouler pour combler le vide laissé par les compagnies françaises.

A Roissy-CDG, en plus d’easyJet qui annonçait lundi 22 février 2016 441 000 sièges supplémentaires, le printemps 2016 verra donc fleurir les nouvelles bases parisiennes des opérateurs européens, les Espagnols de Vueling avec des Airbus A321 et les Tchèques de Travelservice avec des B737.

Petite consolation, les équipages commerciaux seront français et ont été recrutés à Paris il y a quelques semaines.

Sur le long-courrier, le cauchemar d’XL Airways s’appellera Norwegian.

La compagnie norvégienne débarquera en plein été avec ses 787 flambants neufs, ses équipages, américains ou asiatiques, ses certificats de transporteurs interchangeables norvégiens ou irlandais pour « optimiser » son modèle économique et donc ses prix cassés sur Los Angeles et New York au départ de Roissy.

Au Roissy Terminal 3, c’est Waterloo. A Orly, Transavia résiste

On verra bien si, ici, en France, des voix s’élèvent pour protester contre les libertés prises par la compagnie nordique au regard de l’accord de ciel ouvert signé entre l’Europe et les Etats-Unis.

Tout a été dit sur les raisons pour lesquelles, en 10 ans, le pavillon français a été laminé et particulièrement sur le segment moyen-courrier loisirs.

Manque d’anticipation, investisseurs réticents, charges sociales trop lourdes, taxes et désintéressement d’Etat.

Pas assez fortes, pas assez libres, pas assez riches, pas assez dynamiques nos compagnies. Au Roissy Terminal 3, c’est Waterloo. A Orly, Transavia résiste bien.

Il est cependant impératif qu’elle grandisse, qu’elle sorte de sa forteresse du sud de Paris pour aller prendre des marchés.

C’est l’enjeu des discussions actuelles entre le syndicat des pilotes d’Air France et la direction de la compagnie : baser des avions ailleurs qu’à Orly.

Lyon, Nantes… et pourquoi pas le Roissy Terminal 3 à CDG ?

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